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Le vécu des pères

Le vécu des pères

En introduction à cet article nous vous livrons ici 3 témoignages de pères que nous avons sollicités via le forum. Ils racontent leurs vécus avec leurs propres mots : grâce à eux, nous pouvons essayer d'appréhender ce que les pères peuvent ressentir dans ces moments difficiles où parfois leur parole n'est pas entendue ; découvrir des vécus souvent méconnus mais toujours singuliers. Ils nous permettent un questionnement continuel et primordial sur les rôles et les ressentis de chacun dans ces moments de vie très difficiles.

Vous pourrez lire en complément une analyse faite par Aline, psychologue et bénévole pour Petite Emilie, autour de la place des pères durant la grossesse.

Bien évidemment vous pourrez réagir sur le Forum ou sur Facebook.

Ensemble …

Il reste quelques semaines à attendre, encore une poignée de jours et nous serons trois à la maison, « Nous allons être parents, je vais devenir papa, chérie ! Tu vas me donner une fille... c'est vertigineux ! »

Nous sommes au septième mois, c'est déjà un vrai bébé que porte Silvia, le prénom est choisi et elle s'appellera Élisa,

Et puis, en ce début juillet Silvia a rendez-vous pour la troisième échographie, confiants, nous avons conclu qu'elle y aille seule, comme ça je ne pose pas de RTT.

En sortant, elle m'appelle et je m'attends à entendre « C'est bon, elle va bien, elle est belle, tout est ok ! » ... Mais non ! Silvia est anxieuse, perdue, elle ne sait pas quoi penser. L'échographiste est restée évasive : « Je ne sais pas me prononcer, je préfère que vous voyiez une spécialiste. Vous aurez rendez-vous pour une autre écho. » Voilà.

Comme je n'étais pas là, j'ai du mal à tout comprendre et surtout je ne veux pas croire que ma fille est malade. Je dis à ma future femme que l'échographiste va vérifier et elle va nous dire : « RAS, rentrez chez vous et profitez de la fin de la grossesse. »

En réalité, au fond de moi je sais, je sens qu'il se passe un truc mais il faut bien que l'un de nous deux soit plus optimiste que l'autre.

Une nuit bizarre, d'angoisse et de questionnement interne.

Le lendemain tout s'écroule, Élisa est très malade mais elle peut vivre... souffrir surtout, entre quelques heures et un an.

Notre décision funeste est malgré cela prise très vite. Nous ne voulons pas qu'elle souffre et nous préférons qu'Élisa ne connaissance que le bonheur du ventre protecteur de sa maman.

En tant que papa, je m'efforce de continuer d'embrasser ce ventre tout rond, je parle à ma fille et lui dis que je l'aime. J'avoue que c'était dur de poser mes mains sur ce gros ballon, de le sentir et de le voir se soulever.

Je n'ose imaginer ce que vit Silvia pendant 15 jours avant cette IMG : porter en permanence ce petit être que nous aimons tant. Moi je peux « m'évader », tenter de me changer les idées, mais elle ???

Je ne me rappelle plus, tout ce que j'ai pu dire à Silvia, mais je lui ai certainement promis d'être présent, lui dire que notre couple restera soudé, qu'on va dépasser et survivre à cette épreuve.

Être présent, voilà la seule chose que je devais faire. On devait vivre cet accouchement ensemble, j'ai juste tenté d'être aussi fort que ma Silvia afin d'être un repère sûr pour elle, avoir des gentilles attentions, tenir sa main à chaque instant et la considérer comme une maman depuis ce 15 juillet 2014.

Pierre

Participation et accompagnement…

Etre un futur papa était pour moi incroyable, un petit bout de moi en miniature. La grossesse de ma femme était un pur bonheur avant que cette annonce ne tombe. Je me faisais une joie à l’idée de préparer sa chambre. Cette chambre qui allait accueillir notre fils dans quelques mois.

Et puis du jour au lendemain tout s’écroule, les résultats sanguins pour la trisomie 21 arrive, il y a un problème.

On vous annonce cela, la veille d’un jour férié par téléphone. Avec ma femme, nos regards se croisent, on ne sait pas vraiment ce qu’il se passe. On nous donne rendez-vous au service de Diagnostic Anténatal. Dans ma tête tout se bouscule, j’ai peur, mais je ne voulais rien montrer à ma femme. Pourquoi nous ? Plus on avance, plus les mauvaises nouvelles tombent, cette sensation que le monde s’écroule sous mes pieds. Tout au long de ces semaines, ce sont les montagnes russes entre les bonnes et les mauvaises nouvelles. Parmi les joies pendant la grossesse, celle de savoir qu’on allait avoir un garçon, c’était le jour de mon anniversaire.

Les semaines passent, les examens s’accumulent. J’ai cette sensation que les professionnels s’adressent seulement à ma femme. Cette sensation d’être à l’écart en tant que futur papa. De devoir être présent, de devoir soutenir ma femme mais de gérer seul mes émotions.

Quand le diagnostic se confirme enfin, il prononce ce fameux mot que j’appréhendais, on nous évoque la possibilité d’une IMG. Ma vie bascule, je me demande ce que j’ai fait de mal pour devoir prendre une telle décision. Je me voyais déjà avec mon fils, des projets pleins la tête. Je me dois, d’être fort, encore plus pour ma femme. Les examens s’enchainent, je n’avais qu’une envie, que le cauchemar s’arrête. C’est à ce moment-là que l’on décide de prendre contact avec des associations notamment Petite Emilie. Elle nous a été d’une grande aide pour anticiper la suite des événements. Notamment pour les démarches administratives, un parcours bien compliqué pour faire reconnaitre son enfant décédé.

Quelques jours avant l’IMG, on commençait les démarches auprès des pompes funèbres. Je ne sais pas comment expliquer mes sentiments, comment peut-on préparer le départ de son enfant alors qu’il est encore là. Durant ces derniers jours, on voulait profiter de lui jusqu’au bout. On a fait beaucoup de photos, une sortie à la plage tous les trois. Toutes ces choses dont je me souviens aujourd’hui.

Le jour de l’IMG, c’est vraiment au moment de l’acte que j’ai pris conscience que mon fils allait s’endormir définitivement. Au moment de partir de cette salle, le gynécologue nous souhaite bon courage. Je ne sais pas trop quels mots souhaite-t-on entendre à ce moment-là mais j’ai ressenti qu’on prenait enfin ma peine en considération.

Le jour J, lors de l’accouchement, la sagefemme m’a proposé de couper le cordon ombilical. Même si ce fut un accouchement sans un bruit, c’est le moment où j’ai rencontré mon fils et je suis fier. On savait que le temps était compté, les jours près de notre fils furent si courts. On a fait beaucoup de photos, des empreintes de ses pieds, conservé une mèche de cheveux et un bracelet à son nom. Nous l’avons même habillé d’un beau pyjama. Des souvenirs si précieux qui nous restent de lui. Nous avons demandé à visser nous-mêmes le petit cercueil blanc. Nous avons organisé une belle cérémonie.

Mon fils aurait bientôt deux ans. J’ai changé depuis, cette sensation de ne plus être complètement moi-même mais je me dois d’avancer pour lui. Mon fils m’a fait devenir père. Je fais tout aujourd’hui pour qu’on ne l’oublie jamais.

Sébastien

Trouver sa place…

En 2009, nous avions tous les deux 38 ans quand nous nous sommes rencontrés avec ma femme. Le temps avait passé mais nous ne le savions pas.

Après plusieurs FIV et à la 3ème tentative de dons d'ovocytes, ma femme tomba enceinte en Août 2016.

Les jours et les mois qui suivirent furent remplis de bonheur et d'évidence, on allait être parents.

Jusqu'à cette deuxième échographie du 29 décembre 2016 qui révéla une première anomalie du fœtus. Les rendez-vous suivants et les examens qui en découlèrent confirmaient que notre bébé était atteint d'un syndrome polymalformatif.

S'en suivit une longue période de doute et de questionnement, car derrière ce syndrome, on ne mettait pas de nom ; l'amniocentèse pratiquée n'a pas permis de l'identifier. Derrière ces malformations, il y avait des doutes, des hypothèses, peut être que notre bébé aurait un retard mental, peut-être aurait-il aussi des problèmes sphinctériens, des troubles moteurs...et puis quoi encore ?

Cet enfant existe-t-il en vrai ? Quel coup du sort nous a frappés ? On en rigolait presque avec ma femme...Et derrière ces rires, on se rassurait, ça n'était pas possible, ils nous font quoi ces médecins ? N'a-t-on pas le droit d'être parent à 45 ans ?

Et puis, il n'y avait que des hypothèses, comment prendre une décision quand on ne sait pas, nous les hommes, on veut tout maîtriser, décider en connaissance de cause mais malheureusement la médecine n'a pas réponse à toutes nos questions, on n’était qu'en 2017.

Les médecins nous disaient qu'il ne fallait pas se précipiter pour prendre la bonne décision, qu'on avait la chance d'être en France, qu'en France on peut arrêter la grossesse jusqu' avant le terme.

Pour prendre la bonne décision...comme si c'était une bonne décision de continuer ou d'arrêter une grossesse. Ce questionnement n'était, de toute façon, pas naturel.

Et la nature ou plutôt le sort en a décidé autrement à la fin de la 32ème semaine d'aménorrhée, dans la nuit du 9 mars, ma femme a perdu les eaux.

A l'hôpital, le discours médical avait changé, il fallait prendre une décision, là, maintenant, tout de suite.

Moi, je ne pouvais pas. Après 7 heures passées aux urgences pédiatriques, ma femme décida d'arrêter. Je me rangeais derrière son choix, son choix de mère, en ne sachant pas si on évitait le pire.

Pour moi, cette décision sonnait la fin de notre rêve d'avoir un enfant un jour. L'enfant avec un grand E ne serait jamais sous notre toit. Comment rebondir à 45 ans ? En plus derrière cette décision, on ne saura jamais quel enfant il aurait été. Les malformations n'avaient peut-être aucun lien entre elles et n'avaient peut être aucune autre conséquence que celles d’exister ?

En moi, il y avait tous ces doutes, toute cette peine et cette profonde lassitude après plus d'un mois de combat à vouloir savoir.

Tout ce que je savais à ce moment-là c'est que j'aimais profondément ma femme. J'étais fier d'elle, elle avait su décider pour nous et pour notre enfant. Je crois que ma seule décision a été dictée par la croyance que c'est à la mère de faire le choix pour son enfant.

A partir du moment où la date de la naissance de l'enfant a été connue, je devais organiser la cérémonie, c'était mon rôle de père. Ma femme était de toute façon trop fatiguée et trop accaparée par la future naissance.

Ma femme au début, voulait que l'hôpital gère les obsèques. Pour moi, c’était inconcevable. On se devait d'aller jusqu'au bout, pour nous et pour notre enfant. L'enfant aurait un prénom, une existence à l'état civil et un monument au cimetière près de chez nous.

J'en parlais avec ma femme, doucement, avec les mots qu'il fallait. Je lui disais qu'on regretterait de ne pas pouvoir aller le voir, qu'il allait arriver et qu'il fallait s'occuper de lui comme s'occupent un papa et une maman de leur enfant. Elle se rendit compte en me parlant, en échangeant avec les sages-femmes, qu'il lui fallait ça aussi.

L'arrivée de Kalvin

Pour moi le plus dur allait venir, le 14 mars, le jour de la venue de notre petit Kalvin, ce fut le jour le plus dur de ma vie, le plus dur car cela aurait dû être le plus beau. C'est curieux comme ce jour a été vécu de façon différente entre ma femme et moi. Pour elle, ce jour fut celui de l'accouchement, elle a vécu cela comme un aboutissement, moi je l'ai vécu comme un clap de fin. J'aurais voulu assister à l'instant où notre bébé nous quitte, mais cela ne m'a pas été autorisé. J'ai juste eu le temps de voir la pose de la péridurale, ensuite ma femme est partie.

Pendant ce temps où ils allaient mettre à mort notre bébé, toutes les idées me sont passées par la tête. En plus d'un énorme chagrin, un grand sentiment de colère. Pourquoi nous ? Pourquoi cela nous arrive-t-il maintenant ? La vie vaut elle le coup d'être vécue ? Je n'ai pas encore la réponse à cette question après un tel traumatisme.

Quand ma femme revient, je sais que tout est terminé, l'enfant est mort dans son ventre, maintenant, il faut en finir, il faut que cette maudite journée cesse. Cette journée en réalité fut incroyablement longue, ma femme n'accoucha qu'à 19h51. Lorsque ma femme faisait le travail pour que le bébé sorte, je souffrais pour elle, je l'encourageais, je voulais qu'il sorte tout de suite, j'arrivais même à en vouloir au bébé ainsi qu'à la sage-femme. Je voyais que ma femme souffrait. N'y avait-il pas d'autres moyens plus rapides ? Ces moments me parurent interminables. Quand l'enfant apparut, la sage-femme le mit dans un drap et le sortit de la chambre. Ce qui fut dur, c'est ce silence, je l'entends encore. Normalement un bébé, ça pleure, le nôtre, non, car il n'était déjà plus parmi nous.

Ce jour-là on a vécu la naissance et la mort de notre bébé. C'est inconcevable mais c'était hélas bien la réalité. Ce jour fut pour moi le plus dur. Pour ma femme, ce fut le lendemain.

La rencontre avec Kalvin

Peu après la sage-femme revient et nous demanda si on voulait voir notre bébé. Nous n'avons pas voulu le voir ce soir-là.

Le lendemain, contrairement à ma femme qui n'était pas encore prête, je voulais voir le bébé.

Je me rendis à la chambre mortuaire, lorsque je pénétrais dans la chambre, je le vis. Il était beau, je me mis à pleurer. Et ensuite je lui ai demandé pardon d'avoir fait ce choix. Je ne cessais de le regarder, tout me paraissait normal, à part une petite fente. La pièce était d'un calme presque étrange. Notre bébé était bel et bien là devant moi comme une petite poupée de cire. Je pense que je ne réalisais pas totalement. Comme si notre inconscient nous protégeait. Sinon je pense qu'on pourrait très vite perdre la raison devant une telle violence, celle de voir son enfant mort devant soi.

Quand je suis parti de la chambre, j'étais étonnement apaisé, comme réconcilié avec moi-même. Je suis sorti un peu prendre l'air avant d'aller rejoindre ma femme. Je revins ensuite vers Sophie et lui confia que je ne regrettais pas mon choix d'avoir vu notre enfant, qu'il était beau et qu'inévitablement un doute ressurgissait, avait on fait le bon choix ? Je lui conseillais toutefois d'aller le voir car sinon elle le regretterait.

Quand elle le rencontra, je vis ma femme devenir mère, elle tomba littéralement en sanglots devant son enfant. Je compris alors qu'on était trois, que ça ne serait plus jamais comme avant et qu'il fallait que je protège ma femme.

Je ne repris pas tout de suite le travail parce que cela n'allait pas mais aussi pour rester avec ma femme. On était comme dans un cocon où chacun prend soin de l'autre. Je crois que jamais nous n'avons été aussi proches l'un de l'autre qu'à ces moments-là.

Laurent

Durant le 20eme siècle, dans notre société occidentale, la question de la périnatalité était principalement tournée vers la femme : la mère.

Les professionnels s’occupaient de la femme enceinte, celle-ci accouchait souvent accompagnée de sa mère, et le père attendait en dehors de la salle d’accouchement.

La théorie d’un « instinct maternel » a d’ailleurs vu le jour durant cette époque, ce qui a sûrement participé à la distanciation du père dans les questions de l’avant et après grossesse. Cependant, de nos jours, les hommes prennent (ou reprennent ?) de plus en plus un rôle actif face au désir d’enfant, et durant la grossesse de leur conjointe.

Fort de ces changements, durant les dernières décennies, alors que de nombreuses études avaient déjà été faites sur les conséquences du deuil périnatal auprès des mères, certains chercheurs et professionnels se sont tournés vers les hommes pour comprendre leur ressenti face à ce malheureux évènement ; ceci pour savoir s’ils ressentent la même chose que les femmes, et si non, pour pouvoir leur proposer une prise en charge adéquate.

La spécificité de l’homme, en plus de ne pas être confronté physiquement à la maternité, est le fait qu’il a besoin de la mère pour s’accorder le statut de « père ». En effet, chez l’homme, la paternité prénatale n’est qu’une construction intellectuelle apportée par la femme. C’est elle qui permet à l’homme de se construire père avant la naissance.

C’est ce que fait remarquer Alain Benoît* dans Le père, l’homme et le masculin en périnatalité : « n’est-ce pas elle qui apporte la première parole de paternité quand elle dit à son compagnon : « Je suis enceinte » ? ». C’est la femme qui donne l’autorisation à l’homme de devenir père.

C’est dans cette continuité que Gérôme Truc**, sociologue, ayant travaillé en Maternité, a montré que ce service hospitalier est un lieu « matrifocalisé », c’est-à-dire qui tend « à exclure, voire à "déresponsabiliser" l’homme » car ce dernier n’existe que par et pour la mère. Il acquiert sa place de père grâce à la mère qui la lui accorde, il est permis dans le service si elle le veut bien et, généralement, on lui explique les soins à apporter au nouveau-né pour suppléer la mère.

C’est dans ce contexte culturel et social que l’homme doit construire sa paternité et c’est souvent durant la grossesse qu’il se construit son identité de père. Celle-ci est alors malmenée si une IMG est envisagée. Durant le processus décisionnel, et après l’IMG, le père pourra ressentir exactement les mêmes émotions que la mère : tristesse, culpabilité, injustice, colère, panique, … Un processus de deuil se met en place.

Mais en plus de ces sentiments, les pères rappellent souvent l’idée qu’ils ne peuvent les exprimer entièrement devant leur conjointe parce qu’ils doivent la soutenir. Cette attitude de soutien est souvent perçue par eux-mêmes comme une priorité. Ils s’imposent d’être forts pour leur partenaire, qui elle, vit cette épreuve psychologiquement, mais également physiquement.

Cependant, la douleur psychique, qui n’est pas forcément comparable entre les mères et les pères, n’en est pas moins présente et importante chez les hommes. Les pères se retrouvent alors parfois dans une situation difficile où ils cherchent à être forts et donc cachent leur peine.

Leurs partenaires leur reprochent parfois d’être insensibles, de ne pas avoir pris la mesure de ce qu’il s’est passé. Parfois, ils ne se sentent même pas légitime à ressentir cette peine car ils n’ont pas vécu physiquement ce que leur partenaire a vécu.

Cette croyance est également partagée dans la société. Ce qui peut empêcher les hommes de s’exprimer comme ils le voudraient. Mais les pères parlent-ils de cette expérience à d’autres gens (que leur conjointe ou les professionnels), et si oui, à qui ? A contrario, s’ils ne le font pas, pourquoi, et quelles en sont les conséquences ? Les pères semblent ne pas ressentir le besoin de partager leur expérience, ou simplement n’osent-ils pas à cause des stéréotypes sociaux décrits plus tôt ?

C’est ici que le rôle du forum de Petite Emilie est très important : en donnant la possibilité aux pères de s’exprimer, et de lire des récits d’autres pères, ils peuvent, tout comme les mères, partager leur histoire, leur ressenti, et remarquer qu’ils ne sont pas seuls. Parfois, cette reconnaissance, et ce partage des vécus similaires, apportent un petit apaisement et surtout une aide qui peut être précieuse.

Aline

* Benoit, A., Paroles d'hommes. Expérience d'un groupe de paroles pour hommes associé à la préparation à la naissance. Dans Marciano, P. (dir.), Le père, l'homme et le masculin en périnatalité, ERES « Les Dossiers de Spirale », 2003, p. 57-63.

** Truc, G. (2006). La paternité en Maternité. Une étude par observation, Ethnologie française, 2(36), 341-349.

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