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Une vocation qui mène à Petite Emilie

Une vocation qui mène à Petite Emilie

Annoncer à 6 ans que plus tard on veut aider ceux qui souffrent, ce n’est pas banal. L’écrire trois ans plus tard dans une rédaction prouve de la suite dans les idées.

Vivre sa vocation c’est une belle réussite.

Ceux qui souffrent, elle ne pensait pas les trouver en apprenant le métier de sage-femme. Quel beau métier dit-on toujours. Heureusement la plus grande partie de ce métier mérite ce qualificatif.

Mais au milieu de toutes ces familles nageant dans le bonheur devant leurs tout-petits plein de vie il y a celles qui repartiront les bras vides.

Le choc du premier bébé né mort a été comme un raz de marée qui l’a submergée et dévastée. Pendant de nombreux mois elle est restée blessée, perturbée se demandant finalement pourquoi elle avait choisi cette voie. Ne devait-elle pas plutôt aller vendre des confitures sur les marchés ?

Quand on attend un enfant c’est le bonheur. Un peu d’angoisse mais tellement d’espoir. On attend des pleurs, des sourires, des tétées difficiles, des gazouillis, la fièvre et les visites chez le pédiatre, on prépare la venue de l’enfant promis. Les parents qui perdent ce tout-petit qu’ils espéraient bien vivant, souffrent c’est indéniable, ils garderont toujours cette souffrance en eux.

Si l’on pense que les professionnels de santé s’endurcissent pour supporter de rencontrer la souffrance, il n’y a malheureusement pas de carapace assez étanche pour cela. Quand une sagefemme à qui l’on a peu parlé du deuil périnatal pendant sa formation se trouve face à cette famille effondrée, elle n’a pas le droit de perdre ses moyens ni de montrer sa peine. On attend d’elle une attitude professionnelle, des gestes techniques, et de l’empathie.

C’est pourtant une très grande émotion, et une grande difficulté que d’accoucher un enfant qui reste silencieux et sans le moindre mouvement, de le présenter aux parents avec respect pour ce petit corps et pour le chagrin de ses parents. Un « événement » comme celui-là laisse une grande souffrance aussi à la sage-femme. Elle non plus n’est pas près d’oublier ce tout-petit. Elle aussi a besoin de soutien. Elle aussi se souviendra de cet enfant, de sa naissance, de la rencontre avec ses parents. Et elle sait qu’elle devra revivre ce drame sans y être jamais prête.

Dans le milieu hospitalier, les psychologues sont avant tout présents pour les patients, ce qui est bien naturel ; les soignants ne sont pas prioritaires et n’ont que rarement la chance de pouvoir les rencontrer et être écoutés. Et puis, vu le rythme de travail, des gardes qui s’enchaînent, où trouver un moment pour poser son sac, échanger avec les collègues, partager ses émotions, se sentir soutenue ?

Et pour aller plus loin et être encore plus utile dans ce domaine, pour donner du sens à toutes ces émotions intérieures, notre sage-femme a imaginé, avec une maman, de rencontrer les futures sages-femmes pour les aider à leur tour, les informer, les soutenir, les écouter. Elle est maintenant suivie d’autres mamans et d’autres sages-femmes qui à leur tour rencontrent les élèves, des sages-femmes, des gynécologues, des anesthésistes etc.

Cette sage-femme, c’est ma fille. J’éprouve pour elle une admiration et un respect immenses pour cette vocation qui est la sienne et qu’elle vit pleinement. J’aime à penser que toutes les sages-femmes seront reconnues pour cette sensibilité, cet amour des autres qu’elles mettent en œuvre pour accueillir la vie mais aussi pour accompagner des parents endeuillés et font ça, comme Laurence, du plus profond de leur cœur.

Danielle

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